Par : Webmestre
Publié : 14 janvier

Le mot « philhellène »...

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Les Philhellènes 

[article]

  Année 1967  3  pp. 312-332

 

Extrait :

Les Philhellènes

 Le mot « philhellène » constitue une appellation unique. On n’est pas philoturc, philofrançais, etc. Philhellène ne signifie pas seulement l’amour du Grec, ce qu’on exprimerait « d’hellénophile » ou « grécophile », mais Y amour du grec veut dire l’amour de l’esprit, de celui qui illumine et conduit au progrès l’humanité à travers les siècles.
 Attirés par la beauté et la clarté de l’esprit des hellènes, toutes sortes de voyageurs à toutes les époques épousèrent la philosophie, les règles de l’art, de l’esthétique de cette petite peuplade, dont le berceau s’appelait l’Hellade.
 Le mot philhellène finit ainsi par être employé pour désigner une certaine catégorie de gens, dont l’enthousiasme avait pris un caractère d’esthète. Etre philhellène ce n’était pas un comportement mais une espèce. Je voudrais rappeler ici les noms et les actes de certains Français philhellènes.
 Après la Révolution française, après la bataille de Valmy, après Danton, l’insurrection des Grecs battait son plein. Des comités s’étaient formés un peu partout, réclamant l’aide du monde pour cette terre de héros opprimés. Grâce à leur instinct, les peuples comprirent l’importance de l’Insurrection grecque et combien plus capital était ce mouvement par rapport aux luttes de libération en Espagne, au Portugal ou en Italie. C’est pourquoi les coeurs des philhellènes se tournèrent vers la Grèce et l’aide arriva de jour en jour plus abondante, non seulement en matériel mais également en hommes, en émulation et en ardeur. Elle atteignit son apogée au moment de la chute de Missolonghi. On aurait dit que la cendre de cet holocauste, retombant sur l’Europe, avait embrasé les coeurs.
 Alors entre cette lutte des peuples et des gouvernements, qui par le canal de leur diplomatie essayaient de réprimer tout enthousiasme, les peuples triomphèrent, et ce qui avait paru une folie, ou de l’aberration aux responsables de la politique européenne, fut approuvé à l’unanimité.
 Dans son discours à la Chambre des députés, Fabvier, ce philhellène bien connu, dit :
 La chute de Missolonghi porta à son apogée l’enthousiasme et le respect que suscitait en chacun de nous le spectacle d’un peuple marchant bravement au martyre pour atteindre sa liberté... La . . . .

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Averoff Michelle. Les Philhellènes. In : Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n°3, octobre 1967. pp. 312-332 ;
doi : https://doi.org/10.3406/bude.1967.4250
https://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1967_num_1_3_4250
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